Réflexions Massage

Billet

Le 10/03/2020

Pourquoi recevoir un massage ?

A l’heure où notre esprit est constamment sollicité, chacun d’entre nous recherche une manière de « prendre le temps », de « se recentrer » ou de « s’apaiser ». Un lexique qui devient familier mais qui peut être difficile de faire valoir pour soi même. Alors que recherchons-nous ? Redéfinir nos propres limites ? Mesurer l’impact des tensions du corps sur l’esprit ? Avoir la sensation d’être écouté sans jugement ? Reprendre possession de soi ? La réflexion est ouverte.

 

Des a priori à la dent dure
Quotidiennement, j’entends l’expression d’idées reçues sur la réception d’un massage.

DORMIR
La présomption la plus courante est de croire que pendant un massage, on dort.
En réalité, la seule raison pour s’assoupir est le manque de sommeil. Il est fréquent de ne pas assouvir ce dont notre corps à besoin. Ces besoins, que l’on pourrait nommer « besoins malléables » (boire, manger, uriner, …) sont écoutés qu’après avoir estimer une limite au-delà de laquelle ils affecteraient nos activités. Pourtant, lorsque l’on ne boit pas, ne mangeons pas ou peu, etc… certains processus dans le corps sont enclenchés pour pallier ces manques, et dont il est difficile de se sortir. Par exemple, l’état de déshydratation apporte avec lui de la fatigue, des douleurs abdominales, migraines, problèmes digestifs, lèvres et bouche sèches. Lorsque l’on manque de sommeil, notre stabilité énergétique devient fluctuante, la concentration et le contrôle de l’humeur plus faible. On peut noter également une baisse de la vitalité etc… En s’endormant pendant un massage, on rappelle à notre conscience du corps que ces processus enclenchés dus au manque de sommeil doivent rester exceptionnels.

L’autre anticipation courante des effets possibles serait qu’un seul massage réglerait tous les problèmes. Pas exactement. Les déséquilibres physiologiques (fatigue, tensions musculaires et nerveuses, même de prise poids, de mauvaises postures, entre-autre) se mettent en place lentement et sur des périodes prolongées. Chaque minute assoit l’état réflexe de ces fonctionnements faisant d’eux une normalité pour notre corps. Défaire ces processus est un acte long. Cela s’inscrit dans la durée. Pour ce faire, la volonté de mettre en place de nouvelles habitudes, d’être actif pour soi-même est capitale. Accepter de changer est une dynamique que le massage accompagne allègrement, de même que la naturopathie et l’hypnose.

Il y en a d’autres : Je ne profite pas du massage si je m’endore / Pendant un massage, on est passif, on ne fait rien / Je vais être amorphe toute la journée si je commence par un massage… etc  Ces idées sont fausses. En réalité, c’est tout le contraire !

 

La fréquence des massages : régulière

Il n’est pas nécessaire d’avoir mal ou d’être épuisé pour recevoir un soin. C’est toute la différence avec les pratiques en médecine douce ou de médecine générale. Se détendre s’inscrit dans la même perspective que la perte de poids, la pratique d’un sport ou le renforcement musculaire, C’est-à-dire une action préventive relevant de l’hygiène de vie et devant donc être régulière.

Par ailleurs, le moment du massage peut être considéré comme une prise de distance dans un quotidien un peu chargé. Cela permettra d’y voir plus clair, d’être plus serein et parfois plus déterminé.

 

Profession masseuse : fruit de belles rencontres
« Le massage est un outils » m’a dit un jour ma formatrice Ruth Indiathi (Le Village Balinais). Oui le massage est un outils préventif majeur pour réactiver l’écoute de soi.

Une séance de massage nous rapproche de ce que l’on est, de notre état physiologique et mental, de notre rythme réel. Le résultat est de se sentir présent à soi-même. C’est une démarche difficile pour laquelle nous devons être prêt à nous affranchir de certaines sensations, certitudes, réflexes ou fonctionnements habituels. J’ai l’habitude de dire qu’il est un outils pour remettre de la conscience dans chacune des partie du corps*. Ainsi nous redécouvrons des sensations, des muscles, nous découvrons des tensions insoupçonnées que pourtant nous portons réellement. C’est le cas notamment pour le massage crânien (pijat kepala) ou massage du ventre.

: Cette pensée est directement inspirée du discours de Maître Cognard lors d’un stage d’Aïkishintaïso. J’ai pratiqué cette belle discipline avec Sophie Force (ou Force Sensei pour les avertis) au dojo CEASC

 

Le massage : entre techniques et bienveillance

Oui il existe plusieurs types de massages bien-être. Au-delà des techniques qui revêtent parfois une apparence marketing à la frontière du culturalisme, il existe toutefois de véritables savoirs-faire derrière, notamment, un savoir toucher.

Chaque technique appliquée fait l’objet d’une écoute des tissus et de l’histoire de la personne. Chaque zone peut être porteuse d’un vécu, sous forme de somatisation, d’actes passés, d’anciens chocs ou traumatisme (luxation, accident, etc…) ou plus simplement, un tissu conjonctif malmené par de mauvais appuis au sol, une pratique sportive inadaptée, une mauvaise posture, des gestes répétitifs.
Une liste plus exhaustive des techniques fera l’objet d’un autre article. Mais que celles-ci soient réalisées avec le pouce, le poing, l’avant-bras, le pied, tout est une question de calme intérieur et d’écoute. Seul terrain fertile à la bienveillance dont le public a besoin.
C’est l’écoute conjuguée à la disponibilité du masseur qui déterminent la qualité et la justesse de son toucher.